Imprimer en version PDF

#Coronamaisons : confinement sur les réseaux sociaux

Timothy Hannem, Template des Coronamaison, Encre verte sur papier, publié 15 mars 2020 sur Twitter par Pénélope Bagieu.
Timothy Hannem, Template des Coronamaison, Encre verte sur papier, publié 15 mars 2020 sur Twitter par Pénélope Bagieu.

Résumé

Mars 2020. La France se confine. Le monde extérieur semble s’arrêter ; le temps ralentir considérablement. Nous devons rester chez nous ; sauver le monde depuis notre canapé. Drôle de guerre. Le bouleversement de notre quotidien provoque l’inquiétude, l’angoisse, voire la paranoïa. Parallèlement, nous assistons à un véritable élan de créativité. Des milliers de fenêtres s’ouvrent sur le monde, alors que nous sommes privés d’extérieur. L’art prend plus que jamais des allures d’échappatoire. D’autant plus que nous prenons conscience de ne pas être tous égaux face à cet enfermement soudain. C’est presque avec étonnement que certains d’entre nous découvrent qu’ils sont eux-mêmes confrontés à ces inégalités. Pour d’autres, elles deviennent plus fortes encore. S’intéressant au projet participatif #Coronamaison, lancé notamment par Pénélope Bagieu sur Twitter, cet article interroge la fonction de l’art, révélatrice des inégalités, lorsqu’elles sont confrontées à l’imaginaire, à la soif de liberté de chacun, mais aussi aux aspirations à un « monde d’après », émergeant du contexte particulier du confinement.

Summary

March 2020. France is on lockdown. The outside world seems to stop ; time is slowing down considerably. We must stay at home ; save the world from our couch. Phony War. The upheaval in our daily lives causes worry, anguish and even paranoia. At the same time, we are observing a real burst of creativity. Thousands of windows open onto the world while we are deprived of the outdoors. More than ever, Art is becoming an escape. In the same time, we realize that we are not all equal in the face of this sudden lockdown. It is almost with surprise that some of us find ourselves confronted with these inequalities. For others, it’s even stronger than before. Focusing on the #Coronamaison participatory project initiated by Pénélope Bagieu on Twitter, this article questions the function of art, revealing inequalities when confronted with the imagination and the thirst for freedom but also the “world after” aspirations emerging from the particular context of confinement.

Mars 2020. La France se confine. Le monde extérieur semble s’arrêter ; le temps ralentir considérablement.

Certaines personnes doivent adopter un confinement strict, rendant rares, difficiles, voire impossibles, la plupart des occasions de sortie ordinaires de leur domicile – elles seront particulièrement l’objet de l’attention de notre article.

Dès les premiers jours du confinement, la plupart d’entre nous se réfugient sur Internet. Pour un temps indéterminé, la vie va peu à peu prendre place dans nos écrans.

Nous assistons à un véritable élan de créativité sur le Web ou grâce à lui. À travers nos écrans, si nous tombons aussi bien sur le décompte macabre des décès que sur les témoignages terrifiants des soignants ou les fake news les plus indéfinissables, ce sont aussi les créations d’artistes, professionnels et amateurs, qui envahissent nos murs1 et nos fils d’actualité. Pour créer, les objets ordinaires deviennent des outils, des matériaux, et nos balcons prennent des allures de scènes. Des milliers de fenêtres s’ouvrent sur le monde, alors que nous sommes privés d’extérieur. L’art, sous toutes ses formes, prend plus que jamais des allures d’échappatoire. Pour certains, c’est une véritable sortie de secours qui se dessine entre deux pixels. D’autant plus que nous prenons vite conscience de ne pas être tous égaux face à cet enfermement soudain. Et c’est presque avec étonnement que certains d’entre nous découvrent qu’ils sont eux-mêmes confrontés à ces inégalités. Pour d’autres, elles deviennent plus fortes encore. « Sur tous les plans, explique Nicolas Bourriaud, y compris donc la vie de l’esprit, le confinement causé par le virus à couronne fut un violent révélateur des conditions d’existence de chacun : pour celui qui a une bibliothèque fournie et des abonnements en ligne, pour celle qui a un jardin et y recrée des promenades rousseauistes, pour les détenteurs d’un capital culturel les mettant à l’abri de l’ennui, ce printemps n’aura pas été le même que pour les familles à l’étroit dans un logement exigu, à la merci des informations monothématiques des chaînes de télévision » (Bourriaud : 2020, p. 19).

La fracture numérique devient presque tangible. C’est non seulement le manque de matériel qui pose problème, mais aussi l’illectronisme2 qui se fait plus visible. Internet va pourtant devenir indispensable pendant les mois que va durer le confinement. Pour télétravailler, pour suivre des cours à distance, pour discuter avec nos proches et garder contact avec le monde extérieur de manière active. En effet, on ne discute pas avec sa télévision ou sa radio. Pour les personnes privées d’un accès à internet, du fait de contraintes matérielles ou par méconnaissance, la coupure avec les autres va s’avérer plus violente encore que pour le reste de la population. Des problèmes qui vont parfois se révéler sur la Toile.

Dans cet article, nous tâcherons de déterminer en quoi l’art a pu témoigner de ces inégalités et, révélant nos manques, a pu faire (re)surgir chez nous des questionnements sur nos conditions de vie. Nous verrons également comment les artistes, les créatifs et les acteurs culturels ont essayé à leur manière de maintenir le tissu social au-delà des écrans, cherchant des solutions pour rendre le moment plus supportable et pour réduire les diverses situations d’isolement provoquées par la crise. Pour ce faire, nous nous appuierons tout particulièrement sur les créations d’artistes et d’amateurs apparus sur Twitter via le hashtag #Coronamaison. Nous verrons comment ces dessins, pour variés qu’ils soient, traduisent souvent une même soif de liberté – naturellement provoquée par l’enfermement, mais aussi symptomatique de problèmes majeurs dans nos sociétés – et ont pu expliciter certaines des aspirations à un « monde d’après » différent du « monde d’avant ».

Le contexte

Commençons par nous remettre dans le contexte très particulier du début du confinement. La situation est inédite et angoissante. Nous ne connaissons pas de temps d’adaptation, car les événements s’enchaînent d’abord rapidement. À travers les médias, nous allons peu à peu comprendre l’ampleur de la crise sanitaire qui nous touche mais, au point de départ, il peut sembler difficile d’appréhender un événement de cette sorte. C’est la première fois que la planète connaît un confinement à l’échelle mondiale. Nous ne pouvons pas nous raccrocher à des expériences passées. Et ce que nous savons des grandes épidémies qui ont touché l’humanité à travers le temps, c’est qu’elles ont été des catastrophes majeures, dont les traumatismes ont laissé des traces dans notre imaginaire collectif jusqu’à aujourd’hui. Naturellement, nous pouvons commencer à ressentir de la peur ou prendre conscience du moment historique. Dans les premiers jours, ce drame a pu aussi nous sembler abstrait et lointain. Le danger qui nous guette – le coronavirus – est invisible et, en France, nous entendons alors parler d’une sorte de « grippette ». Si la maladie nous inquiète, l’annonce quotidienne du nombre de décès accentue sans doute le phénomène. Certains d’entre nous tombent malades ou ont des proches qui contractent le Covid-19, mais, confinés de notre côté, tant que nous ne sommes pas directement confrontés au problème, c’est bien souvent par le biais du téléphone, d’Internet et des réseaux sociaux – autrement dit, à distance – que nous apprenons les nouvelles. La maladie peut alors nous donner l’impression de se répandre autour de nous, comme un piège qui se referme lentement sur sa proie, mais contre lequel nous ne pouvons rien. Dans les premières semaines du confinement en France, les informations que nous avons sur la dangerosité du virus, ses effets, ses conséquences à plus ou moins long terme, sont limitées, voire inconnues – même si les médias tournent déjà en boucle sur le sujet, quitte à se contredire. Il va vite devenir nécessaire de se changer les idées pour se préserver, au moins psychologiquement, de cette crise face à laquelle nous ne pouvons finalement pas grand-chose. Or, enfermés chez nous, seuls ou auprès d’un cercle restreint de personnes, et coupés de la plupart de nos activités quotidiennes, professionnelles, scolaires et socioculturelles, nos loisirs et nos sources de distraction possibles se trouvent, eux aussi, restreints.

Heureusement, de nombreux artistes continuent à alimenter les réseaux sociaux et la plupart de nos médias quotidiens. En ligne, nous accédons même à l’art plus facilement encore qu’avant, car les musées et institutions, mais aussi la plupart des journaux, magazines et autres plates-formes accessibles habituellement par abonnement se mettent à diffuser gratuitement ou à publier un contenu adapté à la situation exceptionnelle. Des musiciens, des danseurs, des comédiens se mettent à filmer leurs performances. Les arts visuels et du spectacle vivant sont partout. La Toile a-t-elle jamais si bien porté son nom ? S’y ajoutent les livres, films, séries et autres créations numériques que nous nous mettons à consommer avec plus d’avidité encore que d’habitude3. « Dans ces temps si difficiles, “remplir” au mieux le vide, dans un besoin compensatoire de distraction, est plus que légitime, c’est nécessaire ; même si cela n’apaise pas tout à fait, cela aide » (Allard, Cohn : 2020).

Confinement : emprisonnement forcé ou pause salvatrice ?

Pourtant, dans un article du 2 avril 2020, Le Quotidien de l’art s’interroge : « Pour les artistes, comment (et pourquoi) continuer à créer dans une atmosphère irrespirable, alors que la crise fait d’autant plus ressortir leur précarité4 ? » Il semble en effet que continuer malgré tout soit devenu une nécessité pendant le confinement. Du côté des spectateurs et des consommateurs d’art, nous pouvons supposer la volonté de se changer les idées et de tromper l’ennui causé par l’enfermement ou la solitude. Il en va de même pour une partie des artistes qui, en plus, ont pu ressentir l’envie d’aider, de s’exprimer sur les événements, d’évacuer leurs ressentis à travers leurs créations, entre autres hypothèses. Surtout, nous avons pu constater leur souhait de maintenir l’indispensable lien de partage avec le public ainsi que le nécessaire tissu social, largement perturbé par le confinement. Mais, comme le notent Sébastien Allard et Danièle Cohn, « pour les acteurs culturels, l’enjeu est aussi de démontrer combien la culture devrait avoir une place plus centrale dans nos existences quotidiennes » (Allard, Cohn : 2020). Et pour cause : en ces temps de crise, l’accès à la culture a été une porte de sortie face à l’enfermement. Une porte qui n’existait pas ou qui était particulièrement étroite pour une partie de la population.

La période du confinement a notamment permis d’accélérer le passage, voire l’entrée, de certaines institutions sur Internet. Des musées à l’école, les manques en la matière étaient – et sont encore – criants. Il était nécessaire de rendre ces lieux – et plus particulièrement leurs ressources – accessibles au plus grand nombre. Et les nombreux partages de contenu qui ont résulté de cette numérisation nouvelle ou accélérée montrent à quel point le public était demandeur.

Tandis que Le Quotidien de l’art s’interroge donc sur l’intérêt de continuer à créer dans « une atmosphère irrespirable », nous pouvons nous demander si, au contraire, cette crise soudaine n’a pas été source d’opportunités pour la création et les réflexions sur la démocratisation de la culture. En effet, quelques mois plus tard, ne commençons-nous pas à percevoir ce confinement comme une forme de respiration ? Curieux paradoxe, tandis que le virus prive les malades d’oxygène et nous empêche d’aller simplement prendre l’air, certains d’entre nous – et notamment des artistes – expliquent alors être dans de meilleures conditions pour créer ou ne s’être « jamais senti[s] aussi libre[s] » (Héron : 2020). « Comme l’ombre met en valeur la lumière, comme la pire des épreuves peut révéler le meilleur chez ceux qui la subissent, notre liberté ne nous apparaît jamais avec autant d’acuité que le jour où nous en sommes privés » (Maeso : 2020). La privation de liberté, qui résulte nécessairement de notre confinement, est perçue à des degrés divers, ne serait-ce qu’en fonction de notre situation de confinement : maison ou appartement, avec ou sans extérieur, en ville ou à la campagne, seul ou à plusieurs, avec ou sans connexion Internet… Autant de paramètres qui changent du tout au tout notre vision des choses. Il s’agit bien, cependant, de distinguer « enfermement » et « confinement ». Si nous devons montrer patte blanche pour sortir et que nos activités à l’extérieur de chez nous sont limitées et contrôlées, nous ne sommes pas emprisonnés : nous ne sommes pas, à proprement parler, « privés de liberté ». Pourtant, pour certains d’entre nous, le sentiment d’emprisonnement se fait vite ressentir, alors que, dans le même temps, d’autres ont presque le sentiment d’être en vacances.

En fait, entre « monde d’avant » et « monde d’après », pour reprendre ces expressions consacrées pendant cette étrange période, le confinement semble avoir été un moment suspendu et contrasté. Ce court laps de temps entre deux respirations auquel nous ne prêtons jamais attention. Celui-là même qui peut nous sembler durer une éternité, pour peu que nous nous arrêtions dessus (pensons à toutes ces nuits où les battements de notre propre cœur ont pu nous empêcher de dormir). Celui-là aussi qui est recherché par ceux qui pratiquent la méditation. C’est cet espace blanc entre deux cases de bande dessinée, entre une action et sa concrétisation, cette « inter-case » (McCloud : 1993). Quelles seront les conséquences dans les cases suivantes ? Nous ne pouvons que l’imaginer… Avec le confinement, nous nous retrouvons enfermés dans cette inter-case. Si ce n’est pas une situation extraordinaire, sa durée, l’isolement et la réduction de nos activités nous font prendre conscience de notre enfermement dans cette case transitionnelle. C’est sans doute l’une des raisons qui expliquent la multiplication des réflexions et des discussions sur le « monde d’après » au cours de cette période. Comme le « monde d’avant » nous semble alors révolu, le « monde d’après » ne nous est pas encore accessible.

Là où les mots nous manquent en français pour décrire un tel phénomène, cet entre-deux, en japonais nous pourrions parler de ma, selon la traduction qu’en donnait l’architecte Arata Isozaki dans le catalogue de l’exposition « Ma. Espace-temps du Japon » organisée à Paris en 1978 (Isozaki : 1978) :

Distance existant naturellement entre deux ou plusieurs objets placés l’un à la suite de l’autre, l’intervalle, espace ou vide entre deux éléments, ou encore actions successives ; intervalle, temps de pause existant entre deux ou plusieurs phénomènes se déroulant l’un à la suite de l’autre.

En japonais, ma caractérise donc à la fois un temps et un espace transitionnels (Lucken : 2014, p. 45-67). Il définit plutôt bien l’espace clos que nous avons expérimenté pendant le confinement. Limité et limitant face à un temps devenu soudainement distendu et virtuellement sans fin, tant que les informations nous manquaient. Deux phénomènes mêlés pour n’en former plus qu’un, à peine perceptible mais bien réel. Confinés que nous sommes alors dans cet entre-deux étrange et indéfinissable, les happenings créatifs qui ont commencé à fleurir sur Internet sont devenus nos nouveaux rituels – contre la routine et l’ennui –, mais aussi les reflets de l’élan de positivité que nous évoquions précédemment. Dans des journées où la banalité était paradoxalement devenue étouffante ou, tout au contraire, inspirante, la situation devenait parallèlement de plus en plus grave et intense en dehors de nos bulles. Comme si deux réalités se faisaient face dans un même temps.

Les Coronamaisons

Parmi ces événements virtuels, quelques jours après le début du confinement en France, le 15 mars 2020, le hashtag #Coronamaison commence à se répandre sur Twitter. L’idée est venue d’un tweet de Pénélope Bagieu et de Timothy Hannem, alias Tim. Ce dernier dessine les contours simplifiés d’une pièce vide. Il y a un escalier sur sa gauche, mais c’est le seul élément de décor. Ce template est partagé sur Twitter avec une consigne laissant le champ libre à l’imagination de chacun :

Ok voici le template que @acupoftim nous a fait pour la #Coronamaison ! On dessine l’étage/la déco/la compagnie/les animaux/la bouffe/les fenêtres, enfin l’endroit idéal pour être confiné(e) ! Et si on fait du noir et blanc, que les coloristes n’hésitent pas à reprendre les images5.

Pénélope Bagieu (@PenelopeB)

Le hashtag #Coronamaison va très rapidement se répandre sur Twitter. L’idée fait vite son chemin : c’est l’occasion d’imaginer notre lieu de vie idéal – celui dans lequel nous aurions aimé être confinés. L’accumulation de dessins doit constituer un gigantesque immeuble imaginaire, où chaque participant du challenge occupe un étage qu’il peut personnaliser à loisir. Cela n’est pas sans rappeler La Vie mode d’emploi de Georges Perec (1978), dont nous aurions ici une version participative. L’illustratrice Sandrine Deloffre réalise un « test [d’]emboîtement6 » afin de démontrer que les Coronamaisons forment bien les différents étages d’un immeuble potentiellement infini. Le bédéiste Mathieu Bablet se prend au jeu et s’excuse « pour les dégâts des eaux dans les étages inférieurs7 », tandis qu’il publie sa Coronamaison ouverte sur une sorte de bassin aux nénuphars.

À la manière des surréalistes en leur temps, les internautes s’adonnent à la création d’un succédané du jeu du cadavre exquis, qui prend tout son sens sur les réseaux sociaux, où le thread (« fil ») est omniprésent et se fait volontiers « fil rouge » par le biais de telles initiatives. Alors que le monde lutte contre un virus, l’art devient viral. Les uns et les autres s’inspirent, au fur et à mesure que les jours passent et que les Coronamaisons sont publiées. L’illustratrice Alice Des écrit : « Maintenant que j’ai vu plein de gens faire des baies vitrées ouvertes sur la mer/l’espace et des jacuzzis, je me dis que j’ai manqué d’ambition8… »

Pénélope Bagieu et Tim n’ont fixé aucune limite. Chacun est libre de dessiner l’aménagement de son choix, du plus réaliste au plus fantaisiste, dans le cadre donné, afin d’assurer, malgré tout, une certaine continuité entre les créations de chacun.

Le confinement a fortement perturbé notre façon d’appréhender notre lieu de vie, mais aussi notre vision de la « maison idéale ». Il faut réapprendre à vivre dans un endroit où beaucoup d’entre nous – tout particulièrement du fait de leurs activités professionnelles – ne passent finalement pas tant de temps que cela. Aussi, même si « les Français ne sont pas mal logés » (Lambert et al. : 2020) et qu’habituellement notre lieu de vie nous convient, nous avons pu remettre en question des certitudes dans le cadre du confinement. Parmi les problèmes majeurs soulevés : le manque d’espace, la promiscuité, l’absence d’extérieur, l’isolement… Autant de facteurs qui ont participé à une recrudescence de problèmes plus graves, comme le mal-logement, l’absence ou l’éloignement des biens et services de première nécessité, les violences conjugales et familiales ou encore la solitude (Bernard et al. : 2020). Pour apprécier notre home sweet home, il est aussi nécessaire de le quitter afin de goûter à la joie de retrouver notre nid douillet, notre refuge, notre foyer.

Ces maux vont-ils se refléter, voire y être traités d’une certaine manière, dans les créations postées sous le hashtag #Coronamaison ?

Rapidement, après le lancement du jeu, les artistes mais aussi les créateurs en herbe et les amateurs postent leurs premiers dessins. C’est l’occasion de réfléchir à l’endroit où nous nous sentirions bien ou mieux : notre lieu de vie idéal. Pour cela, il s’agit d’identifier d’abord ce que nous garderions, modifierions, oublierions… Plus ou moins consciemment, l’exercice amène à s’interroger sur notre lieu de vie. Nous convient-il ? Sinon, pourquoi ? Il peut aussi être l’occasion de questionner, plus largement, nos choix de vie et de donner à voir cette réflexion aux autres (par le biais d’Internet, en l’occurrence). Cet exercice a priori simple qu’est l’invention d’une Coronamaison permet en fait de conceptualiser – d’imaginer – nos questionnements vis-à-vis du confinement et des bouleversements qu’il amène dans notre vie quotidienne, puis de les représenter sous la forme d’un dessin – les imager – menant à une forme de réflexion par la praxis. « Les expériences de l’art, explique Jean-Marc Lachaud, peuvent […] en nous secouant et en nous troublant, nourrir notre capacité de nous révolter et réveiller notre faculté à aspirer à autre chose que ce qui est » (Lachaud : 2015). Cela ne peut-il pas s’appliquer dans le cas des Coronamaisons ?

L’autre point important de la démarche est le partage sur les réseaux sociaux. Il s’agit de créer un thread qui formera un tout cohérent. Comme nous l’avons déjà évoqué, nous pouvons parler d’un succédané de cadavre exquis : la réalisation est partagée, divisée, et sa forme finale est un mélange qui peut sembler hétéroclite, mais qui prend tout son sens dans le cadre de ce jeu créatif. Dans le Dictionnaire abrégé du surréalisme, Paul Eluard et André Breton expliquent que le cadavre exquis est un « jeu qui consiste à faire composer une phrase, ou un dessin, par plusieurs personnes sans qu’aucune d’elles ne puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes » (Breton, Eluard : 1938). Dans le cas des Coronamaisons, la principale différence avec le cadavre exquis originel réside dans le fait que certains participants ont pu s’inspirer des autres après un certain temps de jeu. Aussi, certaines collaborations ont-elles pu se nourrir d’autres, déjà existantes, créant ainsi plus de liens encore entre les « étages ». En effet, les Coronamaisons étaient postées sur Twitter au fur et à mesure de leur réalisation et il était encore possible de participer plusieurs semaines après le lancement du jeu. En tout cas, le processus est créatif, créateur ; le résultat est sujet à discussion et peut, à son tour, donner lieu à la création ou à la réflexion, en cela qu’il est inattendu. En effet, si le résultat final dépend de l’ensemble des acteurs qui y participent, ceux-ci créent simultanément. La forme finale de l’« œuvre » est donc aléatoire. Nous ne pourrons lui trouver du sens – ou non – qu’a posteriori.

Cette activité a pu permettre de garder un lien avec d’autres personnes et d’avoir une activité sociale, tout en réactivant notre créativité et le pouvoir de notre imagination. Notre besoin de contacts et d’échanges est d’ailleurs diversement représenté dans les Coronamaisons. Ceux qui se sont représentés seuls ont souvent agrémenté leur intérieur imaginaire d’autres formes d’altérité : des animaux, des plantes, etc.

En plus de notre imagination, l’accès à Internet nous est donc devenu indispensable lui aussi. En premier lieu, parce qu’il nous permettait de conserver un semblant de vie ordinaire, bien que virtuelle. La « toile » (d’araignée) symbolisant le Web s’est faite « toile » d’artiste, support de la création d’images, analogon d’un monde extérieur auquel nous n’avions plus accès, mais aussi d’un futur que nous essayions d’entrevoir. Des médias comme Twitter sont devenus les émetteurs-récepteurs de créations comme les Coronamaisons. Ils sont devenus le centre névralgique de nos réflexions comme de leur concrétisation et de leur partage. Cela peut expliquer l’élan de créativité auquel nous avons assisté dès le début du confinement. Les « murs » virtuels ont remplacé les « murs » physiques pour donner naissance à de nouvelles fresques. Nous avons vu apparaître ce que nous pourrions surnommer un « art confiné », comparable – par son caractère populaire, expressif et libérateur – au street art et rappelant notre propension à laisser des graffiti sur les murs.

Difficile de ne pas tisser de liens a posteriori entre les Coronamaisons ou, au contraire, de souligner leurs différences. Il est intéressant de noter que deux personnes qui ne se connaissent pas ont pu avoir la même idée. Même si le nombre de participations multiplie d’autant les chances et qu’au fil des jours l’inspiration des uns s’est transmise aux autres, nous avons le sentiment d’avoir perçu un même élan et la volonté d’exprimer de mêmes préoccupations et des espoirs semblables. D’ailleurs, à la lecture d’un article portant sur le sujet, nous remarquons que des connexions se tissent aussi dans l’ordre qu’a choisi la journaliste pour décrire les Coronamaisons (Leportois : 2020) :

On aperçoit ici un diplodocus, là un tricératops, là une maisonnée de dinosaures (en peluche), ici un T-Rex avec Batman, un dragon, Tarzan, une sirène dans l’attente, une autre qui fait coucou de l’extérieur à travers un hublot, une piscine intérieure avec son plongeoir, un bassin de plongée, une rivière de chocolat à la Roald Dahl, une cascade, un étang, la vague d’Hokusai comme la chambre à coucher de Van Gogh revisitées, un chat ou un chien aux proportions gigantesques, les personnages du Voyage de Chihiro, ceux de Mon voisin Totoro à plusieurs reprises, ou encore de Harry Potter, des moumines, des Pokémon, la maison volante du dessin animé Là-haut de l’autre côté de la fenêtre… Mais aussi, plus prosaïquement, des parents retranchés derrière des sacs de nouilles, riz et Chocapic ainsi que des fils barbelés ou un couple en pleine concoction de tarte Tatin.

En observant les nombreux dessins qui ont émergé de cet exercice, nous pouvons percevoir un vrai « partage du sensible » (Rancière : 2000) entre convergence et divergence des problématiques exacerbées par le confinement et la crise sanitaire.

Les techniques sont diverses, les styles plus encore, mais nous pouvons vite distinguer deux grandes tendances : certains ont idéalisé leur propre lieu de vie ; d’autres ont créé de toutes pièces un espace imaginaire. Il semble aussi que chacun a tenté de recréer un refuge, un cocon où deux choses occupent une place prépondérante : la culture et la nature. Plantes et livres, crayons et animaux de compagnie, sont des éléments qui reviennent souvent dans les dessins observés. Avec eux, les éléments issus du merveilleux ne sont pas rares : quitte à imaginer leur intérieur idéal, beaucoup semblent avoir décidé d’y introduire de la magie. Pour d’autres, c’est la technologie qui occupe une grande place : télévisions, ordinateurs, consoles, tablettes graphiques, etc., sont les éléments de leur Coronamaison idéale. L’humour est aussi une porte de sortie salvatrice. La réalisatrice Emma Carré dessine une Coronamaison peuplée de fantômes. En effet, eux sont depuis longtemps habitués au confinement, car ils hantent les lieux depuis 1972, raconte-t-elle9. De quoi relativiser !

Intérieur, intériorité, intimité

Que pouvons-nous déduire de ces observations ? Sont-elles le reflet de manques, d’envies ou, au contraire, de la curieuse sérénité ressentie, tandis que notre monde vivait un drame sanitaire et se mettait en pause ? La réponse se situe sans doute quelque part dans cet entre-deux. À travers la grande majorité des dessins postés sur Twitter, une forme d’Éloge de l’oisiveté (Russel : 1932) semble ressortir comme une évidence, tandis que nous nous trouvions contraints à la lenteur. « Ma vie pour la sieste au soleil sur le parquet », écrit l’illustratrice Cyrielle Evrard pour accompagner la publication de son dessin10. Nous pouvons ainsi noter qu’il y a peu, voire pas de palaces et d’intérieurs particulièrement luxueux dans les Coronamaisons. Comme si l’idéal se situait alors ailleurs. L’esprit « cocooning » y est bien davantage représenté. Toutefois, « il y a très peu d’espaces neutres et d’espaces Ikea, note le sociologue Yankel Fijalkow, il y a un certain bonheur du désordre qui s’exprime dans tout ça. On voit le besoin d’investir les murs, de les conquérir : ils sont souvent garnis11. » Un canapé ou des coussins confortables, un plaid et un thé, seul ou en compagnie de ses proches ou de ses animaux de compagnie, apparaissent davantage comme un luxe. « Ma #Coronamaison, avec une cheminée, un gros canapé, les chats, un ordi, des boissons chaudes, le tout bien cosy12… », écrit Angie Mathot. C’est le calme et la tranquillité que semblent rechercher la plupart des dessinateurs. Est-ce parce que nous traversons alors une période particulièrement anxiogène et inconnue ? Est-ce parce que le confinement nous amène à expérimenter l’oisiveté et ce qui en découle (lenteur, indolence, bienfaits de l’ennui, tranquillité, possibilité de prendre son temps, etc.) ? « S’initier à la lenteur, c’est peut-être se réapproprier des choses et des actes simples mais chargés de sens. Boire du thé peut paraître insignifiant dans nos cultures occidentales, mais cette situation peut donner lieu à un moment très spirituel dans d’autres cultures », note ainsi Xavier Riondet (Riondet : 2020), évoquant la Voie du thé13.

Dans L’Architecture du bonheur, le philosophe Alain de Botton explique que « nos murs reflètent notre idéal14 ». Un idéal qui varie évidemment d’un individu à l’autre, mais qui peut aussi refléter, dans le cas des Coronamaisons, des aspirations semblables : l’envie d’une vie plus simple, plus tranquille, pour profiter davantage de la nature et de la culture ? Pour pouvoir aussi développer notre propre créativité et prendre le temps de lire, d’écrire ou de dessiner ? C’est pourquoi même les mieux lotis d’entre nous a priori ont parfois mal vécu ce confinement, eux aussi : avoir une belle maison ne nous rend pas forcément plus heureux, plus sereins.

S’interroger sur notre intérieur, c’est questionner notre rapport à notre intimité et à notre intériorité. User du mot « maison » pour nommer cet exercice n’est d’ailleurs pas un choix anodin. La maison n’est pas à considérer formellement ici, mais davantage comme l’idée du foyer, du refuge. C’est normalement le lieu où nous nous sentons bien et en sécurité. « La maison est notre coin du monde. Elle est […] notre premier univers. Elle est vraiment un cosmos » (Bachelard : 1974, p. 24-25). Or, réfléchir à sa Coronamaison idéale sous-tend l’idée que notre maison n’est pas ce lieu idéal – en tout cas pas dans cette situation. La maison et la façon dont nous l’habitons disent beaucoup de notre for intérieur. Plus qu’avec notre lieu de vie, était-ce avec ce dernier que nous avions un problème à régler ? En tout cas, dans de nombreuses cultures à travers le monde, la maison a longtemps été pourvue d’une symbolique forte. Elle a été la représentation même de l’homme : de sa cave au grenier, qui tendent aujourd’hui à disparaître dans nos appartements modernes (Bachelard : 1974, p. 167). D’ailleurs, construire sa maison n’est pas une mince affaire, même pour les architectes. Dans son numéro d’avril 2020, Beaux Arts Magazine s’interroge : « Pourquoi si peu d’architectes construisent leur maison ? » (Trétiack : 2020, p. 86). Bernard Desmoulin répond : « Je n’ai pas le fantasme de construire mon autoportrait » (Trétiack : 2020, p. 88). En effet, une maison reflète qui nous sommes et c’est d’autant plus vrai pour un architecte, conscient de son œuvre. Pour Aldric Beckmann, « on n’est jamais seul face au projet et ce que l’on bâtit est le reflet de tous ceux qui en auront l’usage » (Trétiack : 2020, p. 90). Quant à Philippe Chiambaretta, il dit : « Quand j’habite dans un espace que je n’ai pas conçu, chaque centimètre carré me pose problème. Tout ce que je ne dessine pas m’est douloureux » (Trétiack : 2020, p. 93). Avons-nous inconsciemment pu ressentir ces mêmes peines ?

Le confinement a réduit notre horizon à quelques murs. Aussi est-il tout naturel d’avoir eu plus d’occasions pour nous questionner à leur sujet. D’ailleurs, nombre d’entre nous n’ont pas du tout vécu le confinement comme un enfermement ou une privation de liberté – au contraire. Jean-Paul Sartre, qui disait que l’homme était « condamné à être libre » (Sartre : 1946, p. 37), n’aurait sans doute pas renié ces expériences du confinement. Pour lui, l’imagination était une manifestation de la liberté. Aussi, en cette période où nous n’avons jamais eu autant de temps pour nous laisser aller à l’imagination, il n’est pas si étonnant qu’une partie d’entre nous aient pu se sentir plus libres que jamais. Peut-être n’est-ce pas tant notre intérieur « matériel » mais notre rapport à nous-mêmes, sujet ô combien abordé par les artistes, qui a questionné beaucoup d’entre nous et nous a donné l’envie d’inventer notre Coronamaison ?

Nous voir tout à coup confinés a pu nous obliger à réapprendre à vivre dans cet intérieur que nous n’avons pas toujours choisi, et nous nous sommes retrouvés dans une intimité aux limites soudain bouleversées. Comme dans Alice au pays des merveilles, des Coronamaisons ont ainsi été curieusement investies par des géants15 ou ont rapetissé autour de leurs occupants16. Difficile en effet de dire si nous nous sentions à l’étroit dans notre logement ou si notre monde s’était réduit autour de nous. Il fallait réapprendre à nous faire face à nous-mêmes – un exercice particulièrement périlleux et difficile, particulièrement dans ces conditions de crise. Il a pu également être l’occasion de cerner nos véritables besoins et attentes, nos choix de vie, et d’envisager l’avenir autrement. Toutes ces interrogations face à tout ce temps libre pour les soupeser ont pu être sources de grandes remises en question de soi, qui étaient peut-être imprévues et imprévisibles.

Notons enfin que, même si ces habitations sont qualifiées de « Coronamaisons », il s’agit en fait de pièces uniques dont les espaces ne sont pas clairement définis et séparés les uns des autres. « Cette notion de pièce est très intéressante, relève Yankel Fijalkow, il s’agit de pièces multifonctionnelles, comme le contraint l’exercice, où l’on dort, mange, joue avec les enfants17… » La plupart des participants n’ont pas poussé les murs – tout juste ont-ils ajouté une fenêtre. Daphnée Leportois parle dans son article de « bunker-appartement » (Leportois : 2020), mais ne s’agirait-il pas plutôt de cocons ? Si nous prenons le parti de considérer ces maisonnettes fictives comme des représentations de notre for(t) intérieur, nous émettons l’hypothèse que c’est notre bien-être intérieur que nous avons cherché à (re)construire ou à (ré)aménager à travers cet exercice plastique. Nous pouvons aussi y voir une forme d’acceptation de la situation. Enfermés chez nous, tout ce que nous pouvions faire pour aider était de prendre soin de nous.

Conclusion

Pour conclure, il semble que les initiatives créatives comme celle des Coronamaisons ont permis à bien des personnes de mettre en exergue certaines problématiques liées à cette période d’enfermement. L’imaginaire, « langage symbolique universel à travers lequel nous donnons forme à des émotions, des images, des actions » (Wunenburger : 2003, p. 5), a pu permettre d’exprimer des ressentis, sinon inédits, tout au moins exacerbés par la situation extraordinaire que nous avons eu à expérimenter. À travers l’exercice de la Coronamaison, nous avons pu effectuer un Voyage autour de [notre] chambre (De Maistre : 1764), prétexte à une plongée dans notre imaginaire. « L’imaginaire [qui] nous permet de nous détacher de l’immédiat, du réel présent et perçu, sans nous enfermer dans des abstractions de la pensée » (Wunenburger : 2003, p. 117) nous a permis de prendre un peu de ce recul nécessaire aussi pour notre bien-être psychique.

Il reste difficile de définir les créations qui ont émergé durant le confinement. Dans le cas des Coronamaisons, peut-on parler d’œuvre(s) d’art et, de ce fait, les étudier comme telles ? Les nouvelles technologies remettent sans cesse en question les statuts d’artiste ou d’œuvre d’art. Les Coronamaisons n’ont pas été réalisées dans le cadre d’une œuvre participative mais dans le contexte inédit du confinement pour combattre l’isolement et le sentiment d’enfermement, pour occuper les journées devenues longues et les esprits rendus inquiets par le développement de l’épidémie. Elles n’ont pas été réalisées par un même artiste ou groupe d’artistes mais, dans leur immense majorité, par des amateurs de tous âges. Elles ont été exposées uniquement sur Twitter. Il y a fort à parier que ces créations disparaîtront bientôt sous le flot continu d’informations nouvelles. Ainsi va la vie sur Internet et sur les réseaux sociaux. Elles seront noyées dans le flux et oubliées, emportées par un tsunami de données. Leur caractère éphémère traduit sans doute également l’entre-deux, ou ma, que nous avons évoqué dans cet article. Peut-être que « l’art, parce qu’interférant avec le quotidien, est de moins en moins identifiable en tant que tel » (Lachaud : 2015, p. 63). Peut-être aussi qu’elles n’étaient œuvres d’art que pendant ce laps de temps suspendu que fut le confinement. Maintenant que la vie a repris sa course folle, que le « monde d’après » semble avoir repris les atours du « monde d’avant », nous pouvons nous demander si ce qui s’est passé pendant le confinement ne restera pas à jamais confiné dans un coin de notre esprit. Et est-ce vraiment si mal ? Après tout, comme le disait Gaston Bachelard, « tous les coins sont hantés, sinon habités » (Bachelard : 1957, p. 167).

Notice biographique

Caroline Soreau est doctorante au sein du laboratoire DeScripto, sous la direction d’Arnaud Huftier, à l’Université Polytechnique Hauts-de-France (UPHF). Elle prépare actuellement une thèse de recherche-création intitulée « Steampunk en Hauts-de-France : raconter notre patrimoine industriel ». Son travail a été récompensé du prix de l’innovation lors de la soirée « Nos étudiants ont du talent » organisée par l’UPHF ainsi que du premier prix, toutes catégories, lors de la « Matinée des chercheurs » de l’U-Mons. Parallèlement, elle est professeur d’arts plastiques dans le second degré et artiste plasticienne. Depuis 2009, elle tient un portfolio en ligne (www.studinano.com), sur lequel elle parle de ses créations mais aussi d’art, d’histoire de l’art et de culture en général.

  1. « Wall » en anglais. Nom donné à la page d’un utilisateur d’un réseau social.
  2. « L’“illectronisme” est un néologisme né de la contraction des notions d’illettrisme et d’électronique. Il renvoie à la fracture numérique qui, selon une étude menée par le Syndicat de la presse sociale (SPS) et l’institut CSA, concerne près d’un quart des français » (Prim à bord : 2019).
  3. Véronique Richebois annonce, dès le 14 avril 2020, une « hausse persistante des ventes d’e-books et d’audio-books » et ajoute que « le site Fnac.com affiche une croissance globale de 130 % d’achats de livres électroniques » (Richebois : 2020). Erick Fontaine explique que Rakuten Kobo a « “constaté une augmentation de 200 à 300 % des volumes moyens de lecture” sur les trois pays – les plus durement touchés, du reste – que sont la France, l’Italie et l’Espagne, d’une semaine sur l’autre », en mars 2020 (Fontaine : 2020) La plate-forme de streaming Netflix enregistre, elle, « un record de nouveaux abonnés pendant le confinement » d’après FranceInfo, le 22 avril 2020 (Franceinfo : 2020).
  4. Roxana Azimi, Magali Lesauvage, Marine Vazzoler, « L’art en temps de confinement », Le Quotidien de l’art, n° 1922, 2 avril 2020.
  5. Copie du message de Pénélope Bagieu (@PenelopeB), publié le 15 mars 2020 sur Twitter : https://twitter.com/PenelopeB/status/1239186251833630720
  6. Tweet et test de Sandrine Deloffre (@garagedeloffre), publiés le 15 mars 2020 : https://twitter.com/garagedeloffre/status/1239260746699034624
  7. Tweet et Coronamaison de Mathieu Bablet (@MathieuBablet), publiés le 27 mars 2020 : https://twitter.com/MathieuBablet/status/1243523631419777025
  8. Tweet et Coronamaison d’Alice Des (@Alice_Des), publiés le 30 mars 2020 : https://twitter.com/Alice_Des/status/1244628704116060161
  9. Tweet et Coronamaison d’Emma Carré (@eemmaaccaarree), publiés le 17 mars 2020 : https://twitter.com/eemmaaccaarree/status/1240046383446601730
  10. Tweet et Coronamaison de Cyrielle Evrard (@YeahCy), publiés le 18 mars 2020 : https://twitter.com/YeahCy/status/1240325773355073538
  11. Propos rapportés par Daphnée Leportois dans « La Coronamaison, esquisse collective du bien-être à domicile » (Leportois : 2020).
  12. Tweet et Coronamaison d’Angie Mathot (@PtiteAngele), publiés le 19 mars 2020 : https://twitter.com/PtiteAngele/status/1240760757383544833
  13. « Le simple geste de servir du thé et de l’accepter avec reconnaissance constitue le fondement d’une manière de vivre, appelé chadô, la Voie du thé » (Sôshitsu Sen, Vie du thé, esprit du thé, Paris, Arléa, 2013, p. 9).
  14. Propos rapportés par Sébastien Le Fol dans « Alain de Botton : “Nos murs reflètent notre idéal” » (Le Fol : 2007).
  15. Tweet et Coronamaison de Jean Rage (@JeanRageFr), publiés le 24 mars 2020 : https://twitter.com/JeanRageFr/status/1242497912531230720
  16. Tweet et Coronamaison de Coda (@Codaart13), publiés le 17 mars 2020 : https://twitter.com/Codaart13/status/1239713657577263104
  17. Propos rapportés par Daphnée Leportois dans « La Coronamaison, esquisse collective du bien-être à domicile » (Leportois : 2020).

Ouvrages :

  • Bachelard : 1974. Gaston Bachelard, La Poétique de l’espace, Paris, PUF, 1974.
  • Benjamin : 2003. Walter Benjamin, L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique [1936], Paris, Allia, 2003.
  • Boia : 1998. Lucian Boia, Pour une histoire de l’imaginaire, Paris, Les Belles Lettres, 1998.
  • Breton, Eluard : 1938. André Breton et Paul Eluard, Dictionnaire abrégé du surréalisme, Paris, Galerie des Beaux-Arts, 1938.
  • Chevalier, Gheerbrant : 1982. Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles. Mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres, Paris, Robert Laffont / Jupiter, 1982.
  • De Maistre : 1884. Xavier de Maistre, Voyage autour de ma chambre [1764], Paris, Calmann-Lévy, 1884.
  • Isozaki : 1978. Arata Isozaki, « La notion d’espace-temps au Japon », trad. C. Polak, dans Ma. Espace-temps du Japon, Paris, Musée des Arts décoratifs, 1978.
  • Lachaud : 2015. Jean-Marc Lachaud, Que peut (malgré tout) l’art ?, Paris, L’Harmattan, 2015.
  • Lambert, Dietrich-Ragon, Bonvalet : 2018. Anne Lambert, Pascale Dietrich-Ragon, Catherine Bonvalet (dir.), Le Monde privé des femmes. Genre et habitat dans la société française, Paris, Ined, 2018.
  • Laplantine : 2020. François Laplantine (dir.), Penser l’intime, Paris, CNRS, 2020.
  • McCloud : 2007. Scott McCloud, L’Art invisible, Paris, Delcourt, 2007.
  • Mons : 2016. Alain Mons, Interfaces de l’intime, Pessac, MSHA Éditions, 2016.
  • Perec : 2010. George Perec, La Vie mode d’emploi [1978], Paris, Fayard, 2010.
  • Rancière : 2000. Jacques Rancière, Le Partage du sensible. Esthétique et politique, Paris, La Fabrique, 2000.
  • Russell : 1932. Bertrand Russell, Éloge de l’oisiveté (In Praise of Idleness), Londres, Routledge / The Bertrand Russell Peace Foundation, 1932.
  • Sartre : 1966. Jean-Paul Sartre, L’Imaginaire, Paris, Gallimard, 1966.
  • Tisseron : 1996. Serge Tisseron, Le Bonheur dans l’image, Marsat, Synthélabo, 1996.
  • Wunenburger : 2003. Jean-Jacques Wunenburger, L’Imaginaire, Paris, PUF, 2003.

Articles :

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
risus. Phasellus fringilla felis leo nec ut